Combats de coq : discorde culturelle entre deux France irréconciliables !

Illustration d’un « batay coq » lors de l’exposition « Casse Pierre / Piranhas et Mythologie » du photographe Jean-Marc GRENIER à la Cité des Arts de St-Denis de la Réunion (février 2016).

Une polémique estivale (pour l’Hémisphère nord, hivernal pour le sud) est passé hors des radars médiatiques à cause de la canicule. Elle concerne principalement Nord-Pas-de-Calais (désolé, mais je n’ai toujours pas admis la réforme territoriale de 2014 prenant pour exemple l’Allemagne fédérale), mais pas que puisque je ne suis pas personnellement Ch’ti (à part quelques ancêtres du 17ème siècle venant de la ville de Calais) et que je ne réside pas dans le département du Nord, ni dans celui du Pas-de-Calais !

Tout démarre d’une pétition pour interdire les combats de coq dans le Nord-Pas-De-Calais mais aussi tout le territoire français, impactant aussi malheureusement les DOM-TOM (les Antilles, la Guyane, la Réunion et la Polynésie) où les gallodromes sont toujours tolérés.

Pas étonnant que les journalistes parisiens (pléonasme) n’ont pas envie de traiter de ce sujet, incapable de percevoir ce qu’il se passe hors de la Capital sans le prisme élitaire…  Après c’est sûr que les combats de coq sont moins spectaculaires, donc moins médiatiquement bankable, que la corrida ! Les gallodromes avec des chômeurs alcooliques Ch’ti et Créoles c’est moins glamour que les arènes de corrida où on peut passer de belles vacances, n’est-ce pas ?

Pourquoi perdre son temps à débattre d’une tradition ancestrale qu’entretiennent des Ch’tis et des Créoles ? Peut-être la réponse se trouve dans la bouche de notre cher Manu à propos des « gens qui ne sont rien », vous savez ces « gaulois réfractaires au changement » du nouvel ordre animaliste ?! Je crois que la question elle est vite répondue !

Le racisme ethnique est interdit en France, mais le racisme social est quant à lui nourri via des phrases « chocs » du Président de la République en personne. Du populisme élitaire contre les pauvres gueux des gilets jaune, quel courage de la part de la caste Parisienne ! Pourquoi s’étonner ensuite que la France périphérique hait les Parisiens et ses clichés ?

Dans un pays individualiste et complètement sécularisé, que restent-ils comme foi aux boomers isolés autre que la conversion à une nouvelle religion obsessionnellement misanthrope digne du #SyndromeBrigitteBardot ? Non pas que la souffrance des animaux doit être un tabou et relativiser, mais diviniser l’animal en diabolisant systématiquement l’être humain est un manichéisme révélateur très inquiétant.

Car oui pour revenir à l’habitante de l’Aisne qui est derrière cette pétition, Gabrielle Paillot est animée par le zèle animaliste avec plus de 80 pétitions à son actif, soit les mêmes motivations que les anticorrida. On peut évoquer sa pétition à plus de 230K signature datant de février dernier concernant la création d’un numéro d’urgence unique pour lutter contre la maltraitance animale.

Ce n’est pas la première fois que la Réunion avait connu une pétition médiatisée contre les combats de coq lancé en 2011 via une association locale de défense des animaux, mais qui n’avait récolté que 2,3K signatures.

Le problème réside dans le fait que cette fois-ci la pétition provient de l’Hexagone dans un climat “animalistement correct” qui a déjà récolté plus de 43K signatures… C’est donc naturellement en réaction qu’un Réunionnais a lancé une contre-pétition afin d’inscrire le « batay coq » réunionnais au patrimoine culturel de l’Unesco récoltant plus de 3K signatures. Contrairement à l’image véhiculé, dès qu’un coq saigne le combat s’interrompt. Les coqs de combat sont mis à part des coqs habituels et sont très choyés pour être en forme. Ils seront encore mieux soignés s’ils sont blessés. Le combat des pétitions en ligne a commencé !

Dois-je évoquer le cas des 6 députés NUPES du département qui sont pris en étau entre la ligne animaliste parisienne de la NUPES, avec le député Parisien Aymeric Carron à qui l’actuelle pétition anti-batay cok est adressé, et leur électorat populaire locale défenseur de leur tradition ancestrale ?

être contre la corrida, c’est son ultime combat !

Je refermerai cette parenthèse avec le cas du soldat-député du 974 Ratenon qui s’est fait incendié en commentaires sur les réseaux sociaux le 31 mars dernier après avoir fait son coming out animaliste pour plaire à son état-major bobo (in)soumis !

Super Ratenon, le dalon du con Caron !

Mon premier combat de coq !

Je ne suis pas un Réunionnais passionné ce genre de combat, ni je n’ai eu dans mon entourage proche, ou même lointain, des admirateurs de cette pratique. A vrai dire, j’ai été observateur que deux fois dans ma vie et ces deux fois datent de… 2022 !  

Le 23 janvier dernier avec mon cousin au 5ème degré, j’étais en road trip dans l’Est de l’île à la recherche d’un lieu à visiter. En arrivant dans un parc public de Saint-André quelle ne fut pas notre surprise de découvrir l’affiche à l’entrée recommandant un pass obligatoire à côté des vigiles de sécurité faisait un barrage filtrant…

La liberté selon la gauche boomer de la commune de St-André ! #SoutenuParLaRégion #MerciBédier #MerciBello

Le contexte anxiogène de la crise sanitaire m’avait quelque peu marginalisé de la plupart de mes amis ayant le profil Bac+5 qui avaient pour la plupart d’entre eux le précieux sésame de liberté en tant que bon homo-festivus. Ce n’est que peu dérouté par cette surprenante ségrégation dans un espace public, qu’on est allé rouler plus loin pour apercevoir un drôle de Bar PMU remplis de pères de familles qui semblaient bien alcoolisés sur sa terrasse, au bord d’une route étroite mal desservi pour des piétons. J’étais perplexe à cette idée, mais mon ami m’a forcé la main pour entrer dans ce qui était le gallodrome de la commune de St-André. Il en existe 4 autres « ronds de coqs », comme on dit chez nous, à Saint-Benoit, à Saint-Denis, au Port et à Saint-Pierre. On était arrivé par le hasard de ce jour au “centrale des coqs” à la Rivière du Mât les Bas.

Exactement comme pour la corrida, tant que la tradition n’est pas interrompue, les combats continuent d’être exceptionnellement dans ces 5 gallodromes reconnus. En revanche, il est interdit de créer de nouveaux lieux de combats depuis juillet 2015. Sinon le code pénal prévoit des peines allant jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende quasiment dans tout les départements français (sauf le Nord, le Pas de Calais et dans les différents territoires d’Outre-Mer).

J’étais très surpris de cette drôle de découverte où je pouvais boire une bière rafraichissante en plein été tropicale dans un lieu clos rempli d’hommes quasiment tous sans masques. En tout cas, cette majorité d’hommes, n’ayant certainement jamais été admis dans l’enseignement supérieur, semblaient se foutre royalement du pass et des hypocondriaques favorables à la ségrégation sociale.

Où sont les femmes ?

Ce seul lieu de socialisation est accessible à tous gratuitement et sans filtrage à l’entrée. Pourtant les deux seules femmes que j’ai pu croiser travaillaient dans l’établissant préparant les sandwichs et les bières pour la gente masculine venu parier sur le meilleur coq boxeur. Cette barrière sexuelle n’est pas religieuse, comme c’est souvent le cas en banlieues françaises grand-remplacés, mais bien socio-psychologique où les femmes créoles libérées post-modernes n’ont que faire que perpétuer cette tradition jugée « barbare ».

J’étais dans un environnement social strictement opposé de l’univers très féminin des amphithéâtres de fac de lettres dans lequel j’ai effectué mes études dans la 1ère commune de l’Outre-Mer français (Saint-Denis, 146K habitants). Aujourd’hui mes amies de faculté de lettres qui travaillent sont tous dans le tertiaire. Elles étaient les premières à se précipiter à faire religieusement chaque dose de rappel de vaccination. Présenter leur saint QR code aux restaurants, dans les aéroports, des hôtels et autres temps de la consommation est le saint graal afin d’exprimer leurs instincts de survie d’instragrameuses. Comme quoi, l’émancipation féminine semble bien s’accoupler avec la soumission au conformisme social et le consumérisme libéral le plus vil métamorphosé avec la soft-tyrannie sauce chinoise !

Ce bar PMU/gallodrome semblait être un des cœurs de la contre-société Réunionnaise, là où venait battre le sain instinct populaire Réunionnais s’affranchissant de toutes les injonctions élitaires. Ces hommes seront les mêmes qui vont mettre même quelques mois plus tard Mélenchon en tête du premier tour des présidentielles à 40 %, puis Le Pen en tête du second tour à près de 60 % par simple cohérence anti-Macroniste ! Mais la grille de lecture de Christophe Guilluy ne doit pas être caricaturée :

Ave Guilluy !

La militante retraitée animaliste de l’Aisne n’est peut-être pas une bohème-bourgeoise Parisienne. Il existe bel et bien des électeurs Macronistes dans la France Périphérique, il ne faut pas l’oublier. Certains des signataires de sa pétition peuvent être notamment des Réunionnais (acculturés). Rien n’est tout blanc ou tout noir dans un pays complètement archipélisé !

Comment ne pas le comprendre en tant que descendant de paysans Ch’tis, de marins de Londres et d’Amsterdam, d’indo-portugais issu des comptoirs d’Indes et d’esclaves malgaches, ayant flirté parmi « l’extrême droite » Parisienne comme « l’extrême gauche » Réunionnaise ? Pour parodier une phrase du rappeur Disiz la peste, analyser ces antagonismes sociétaux font partie de « mes affres et mes névroses de métis social* ».

Face au racisme social toléré par le plus haut sommet de l’État, je vous renvoie l’ascenseur : les « catholiques zombies » à l’esprit boboïsés, j’ai très envie de les emmerder et je le dis de manière affectueuse.

Si pour cela je dois passer par ces poches sociologiques de résistance masculine que sont les gallodromes, je les soutiendrai de manière infaillible !

Signez cette pétition pour le maintien de nos traditions, lancé le 11 août dernier en cliquant ici !

Faites comme Alek, signez la pétition ci-dessus !

Intersectionnellement votre,

RJG.

  • Une tradition ne doit pas disparaît cette culture nous a été transmis par nos ancêtres de différentes ethnies qui fait de nous ce que nous sommes devenus !

    Narayanin 31 août 2022 4:10 Répondre

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